Il était une fois… une vieille femme pauvre, dans une forêt, au bord d’une voie ferrée. Elle ne sait rien de ce qui se passe dans le monde, sauf que des trains passent. Un jour, depuis l’un de ces convois, un homme jette un bébé enveloppé dans un châle. Sans réfléchir, la vieille femme recueille l’enfant, au risque de sa vie. Ce qu’elle ne sait pas, c’est que ce bébé est juif, et que ces trains partent vers la mort.
Sous la forme d’un conte — « mais un conte cruel », comme le dit l’auteur — Grumberg nous parle de la Shoah avec une puissance d’émotion bouleversante, sans jamais tomber dans le pathos. La langue est simple, épurée, presque enfantine, mais le sujet, lui, est grave, terrible, essentiel.
C’est une histoire de résistance silencieuse, d’amour maternel, de lumière dans la nuit. Un texte court, mais immense. Et une question en filigrane : qu’est-ce qu’une vie vaut, quand tout le monde a cessé d’y croire ?
Un conte de Jean-Claude Grumberg publié en 2019, environ 130 pages.
