En 1963, Annie Ernaux a 23 ans, elle est étudiante, brillante, libre… et enceinte. Mais à l’époque, l’avortement est illégal en France. Ce qui pourrait aujourd’hui sembler une situation difficile devient, dans ce contexte, une véritable descente aux enfers. Elle se retrouve seule, honteuse, rejetée, contrainte de cacher sa grossesse et de chercher clandestinement une solution, dans l’angoisse et le silence. Pas de pathos : juste la vérité brute, dans une langue dépouillée, incisive, qui raconte le réel sans fard.
Ce court roman autobiographique, glaçant de lucidité, interroge bien plus que l’avortement : il parle du corps des femmes, du jugement social, de la peur, de la solitude, de la mémoire. Ernaux n’écrit pas pour attendrir, elle écrit pour dire. Pour comprendre. Et surtout pour ne pas oublier.
Un texte percutant, intime, politique, qui montre comment une décision intime peut devenir un combat de survie. À lire comme un témoignage, mais aussi comme une alerte.
Roman d’inspiration autobiographique d’Annie Ernaux paru en 2000, environ 130 pages.
