Kaboul, sous le régime des talibans. La ville est étouffée par la peur, la violence, la religion dévoyée. Deux couples y vivent, ou plutôt y tentent de survivre. D’un côté, Atiq et Mussarat : lui, geôlier d’une prison de femmes, elle, gravement malade. De l’autre, Mohsen et Zunaira : deux jeunes instruits, amoureux, pleins d’espoir, mais broyés par une société qui les condamne à l’effacement. Un geste impulsif, un regard interdit, et le destin bascule dans l’horreur. Jusqu’au jour où un sacrifice inattendu redonne à ce monde brisé une lueur d’humanité.
Yasmina Khadra (c’est un homme, malgré son prénom) écrit dans une langue à la fois poétique et implacable. Il nous plonge dans un univers glaçant, mais sans jamais abandonner ses personnages à la fatalité. Il interroge la condition des femmes, la foi, la cruauté ordinaire… et la capacité à aimer dans un monde qui a oublié l’amour.
Un roman court, intense, profondément humain. Une lecture qui dérange, qui secoue, mais qui donne aussi — contre toute attente — une folle envie d’espérer.
Un roman de Yasmina Khadra publié en 2002, environ 150 pages.
