Depuis toujours, le narrateur se sent différent. Trop maigre, trop solitaire, trop « à côté ». Ses parents, beaux, sportifs, presque parfaits, semblent cacher quelque chose. Un jour, à quinze ans, une amie de la famille lui révèle le secret qui hante les silences de sa maison : avant lui, il y a eu un autre enfant, un frère disparu. Et surtout, une autre femme, un autre amour, un passé marqué par la guerre, la Shoah, et la culpabilité. Dès lors, tout s’éclaire… ou plutôt, tout s’assombrit.
Dans ce roman intime et bouleversant, Philippe Grimbert raconte une histoire de filiation, de mémoire et d’identité, inspirée de sa propre vie. L’écriture est sobre, précise, presque pudique, mais elle touche au cœur. Ce n’est pas un livre sur la guerre : c’est un livre sur les traces invisibles qu’elle laisse dans les familles.
Court, percutant, accessible — une plongée dans la part cachée des êtres. Et une question qui reste : peut-on vivre pleinement avec un passé qu’on ne connaît pas ?
Un roman autobiographique de Philippe Grimbert paru en 2004, environ 190 pages.
